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Je
m'en souviens encore très bien, tant ce cyclone m'a marqué: j'étais suis venu à la Réunion
pour y passer un an chez mon père. A l'époque je n'avais que 9 ans
(j'en ai 19 maintenant). En partant de Paris, on m'avait bien dit,
" tu ne verras pas de cyclone! Il y a déjà CLOTILDA en 1989, qui
est passé sur l'île! ". Bref, il paraissait bien invraissemblable,
que deux cyclones, en seulement l'espace de deux ans, ravagent la
Réunion, d'autant plus que la probabilité d'impact est faible, compte
tenu de la taille de l'île!
Je suis arrivé en
juillet (date des grandes vacances métropolitaines), en plein Hiver
Austral. Tout se passait bien, jusqu'à la fin janvier: RFO
nous informe qu'une dépression s'est formée assez loin de nos côtes,
et que cette dernière ne devrait pas nous concerner. Pas de chance!
Le phénomène s'était intensifié, et le cyclone tropical intense
FIRINGA nous visait directement. Après un beau temps relatif, les
conditions se sont dégradées rapidement. Je jouais encore dehors,
lorsque l'alerte rouge a été déclenchée. Nous habitions à Piton
Saint Leu, dans le Sud-Ouest, une des régions les plus durement
touchées par ce typhon. Comme nous vivions dans une ancienne villa
créole, nous étions inquiets de sa solidité.
Lorsque les vents
commencèrent à souffler, on n'emmenait pas large: lors des rafales,
à parfois plus de 230 km/h, les murs, en bois, se gondolaient; la
bibliothèque s'est écroulée; l'eau rentrait partout, à la manière
d'un Kärcher, en collant des feuille d'arbres et autres débris végétaux
sur les murs et les plafonds: la tapisserie était refaite ! La dépression
était telle que les vitres de la véranda étaient aspirées une à
une vers l'extérieur, et là, je reverrai toujours les papiers voler
dans tout les sens, avec la pluie qui s'engoufrait comme des jets
d'eau.
Pris de panique, je
me suis réfugié dans un coin de ma chambre, la tête entre les genoux,
jusqu'au passage de l'oeil. Et après, ce fût la même chose, mais
en décroissant: le cauchemard était fini...
Enfin, presque: car
après le cyclone, nous fûmes privés d'eau, d'électricité et de téléphone
pendant 45 jours, tellement que les dégâts furent énormes.
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