Je n'ai pas directement
vécu le cyclone Hugo mais c'est tout comme. En effet, après quelques
vacances en Guadeloupe, je regagne la Métropole le 8 septembre.
A la veille du passage de l'ouragan, la radio faisait état du déclenchement
de l'alerte et de la menace du phénomène qu'il constituait la Guadeloupe.
A 24 h d'avance, je ne me rendais pas trop compte du monstre qui
filait tout droit sur le papillon; et ma mère et moi allions nous
coucher relativement tranquillles.
Le lendemain, ma première
réaction fut d'allumer la radio et d'écouter France Info, et tout
devenait plus compliqué. A chaque flash d'information, la menace
se précisait et l'annonce de rafales à près de 300 km/h laissait
craindre le pire pour le Nord-Grande-Terre, notre région d'origine.
Aussi, je n'ai pas quitté la radio pendant tout le passage d'Hugo.
Nos tentatives pour joindre nos proches étaient vaines;et même si
nous n'avons pas ressenti directement les vents, nous n'avons jamais
pu trouver le sommeil implorant la compassion de Dieu..
Pendant tout ce temps,
les communiqués se multipliaient et ne faisaient état que de désolation,
au point même d'annoncer la quasi disparition de la Désirade, prise
sous les eaux. Vers 2 heures du matin, nous recevions l'appel téléphonique
tant attendu, pour nous annoncer ce que l'on craignait, à savoir
la perte de notre maison en bois; information que j'ai un peu dissimulé
à ma mère pour ne pas l'effrayer.
Au cours de la journée
les premières images télévisées devaient confirmer le scénario tragique.
Cinq jours après,
je regagnais ma Guadeloupe, méconnaissable, plus du tout celle que
j'avais quitté...tout n'était que ruine et désolation. Pour moi,
qui n'ai pas affronté directement , je me passerais volontiers d'un
ouragan.