Notons que ce ne sont
pas leurs noms véritables, mais ils sont observés et évalués selon
les méthodes utilisées par la National Hurricane Center pour l'observation
des cyclones tropicaux de la région.
Question: A6) En quoi les cyclones tropicaux sont ils différents des
tempêtes de latitude moyenne?
Le cyclone tropical est
un système de basse pression qui puise son énergie premièrement de
l'évaporation de l'eau de mer en présence de vents élevés et de basse
pression de surface, deuxièmement de la condensation à l'intérieur
de nuages de convections concentrés au centre de ce système (Holland
1993). Les tempêtes de latitude moyenne (systèmes de basse pression
avec combinaison de fronts froids, chauds et occlus)trouvent leurs
énergies dans les gradients de température horizontale qui existent
dans l'atmosphère.
Du point de vue de la
structure, les cyclones tropicaux ont leurs vents les plus violents
près de la surface de la terre (conséquence du fait d'avoir un noyeau
chaud dans la troposphère), pendant que les tempêtes de latitude moyenne
ont leurs vents les plus violents près de la tropopause (conséquence
du fait d'avoir un noyeau chaud dans la stratosphère et un noyeau
froid dans la troposhère). Un noyeau chaud signifie être relativement
plus chaud que l'environement avec la même pression de surface ("pression
de surface" est simplement une autre façon de mesurer la hauteur
ou l'altitude).
Question: A7) En quoi les cyclones tropicaux sont ils différents des
tornades?
Tandis que les cyclones
tropicaux et les tornades sont des tourbillons atmosphériques ils
ont cependant peu de choses en commun. Les tornades (Tornadoes)
ont un diamètre qui s'étend sur une échelle de centaines de mètres
et sont produits à partir d'une seule tempête de convection (c-a-d
un orage ou cumulo-nimbus). Un cyclone tropical, cependant, a un diamètre
qui s'étend sur une échelle de centaines de *kilomètres* et consiste
de plusieurs voire de douzaines de tempêtes convectives. De plus,
tandis que les tornades nécessitent des variations importantes des
vents horizontaux (c-a-d changement de vitesse, de direction ou de
hauteur du vent) pour avoir des conditions idéales pour la genèse
de tornades, les cyclones tropicaux nécessitent des valeurs moins
élevées (moins de 10 m/s [20 kt, 23 mph]) de variations troposphériques
verticales pour pouvoir se former et puis évoluer. Ces variations
de valeurs verticales sont indicatives des champs de températures
horizontaux pour chaque phénomène : les tornades se produisent dans
des régions de larges gradients de température, pendant que les cyclones
tropicaux se produisent dans des régions proches de gradient zéro
de température horizontale. Les tornades sont à la base des phénomènes
de terre puisque le réchauffement solaire de la surface de la terre
contribue habituellement au développement de l'orage qui engendre
le tourbillon (bien que des tornades se sont produites au-dessus de
l'eau). Par opposition, les cyclones tropicaux sont purement des phénomènes
océaniques - ils meurent sur les terres faute de source d'humidité.
Enfin, les cyclones tropicaux ont une durée de vie qui se mesure en
jours, tandis que les tornades ont une durée de vie qui se mesure
habituellement en minutes.
Un point intéressant
à soulever concerne le fait que les cyclones tropicaux à l'approche
des côtes offrent souvent les conditions requises à la formation des
tornades. Alors que le cyclone tropical s'approche des côtes et commençe
à se décliner, les vents à la surface disparaissent plus rapidement
que les vents à environ 850 mb. Ceci établie des vents assez forts
qui permettent le développement de tornades, spéciallement sur le
côté droit du cyclone tropical (en ce qui concerne le mouvement vers
l'avant du cyclone tropical). Pour l'hémisphère sud, cela concernerait
le côté gauche, à cause de la rotation inverse des tempêtes de l'hémisphère
sud. (Novlan and Gray 1974)
Question: A8) Que signifie l'abréviation "CDO" dans une
discussion sur les cyclones tropicaux ?
"CDO" est une
abréviation qui signifie "central dense overcast". C'est
le bouclier du nuage cirrus qui résulte des orages qui se produisent
dans l'oeil du cyclone tropical ainsi que dans ses zones de pluies.
Avant que le cyclone tropical atteigne la puissance d'un ouragan (33
m/s, 64 kts, 74mph), habituellement le CDO montre uniformément le
haut des nuages froids formant le cirrus, sans que l'oeil soit apparent.
Une fois que la tempête atteint le seuil de la puissance cyclonique,
généralement un oeil devient visible soit dans les cannaux infrarouges
ou les cannaux visibles du satellite.
Subject: A9) Qu'est ce qu'un "TUTT"?
Fitzpatrick et al. 1995
Un "TUTT" signifie
Tropical Upper Tropospheric
Trough,
en français, Dépression
tropicale troposphérique supérieure.
Un TUTT de basse pression est un TUTT qui a complètement été interrompu
dans sa progression. Dans l'hémisphère Ouest ils sont appellés "froide
et basse zone dépressionaire". Les TUTT diffèrent des dépressions
de latitude moyenne par le fait qu'elles sont maintenues par des réchauffements
contrebalançant les rayons de refroidissement près de la tropopause.
Les TUTTs sont importantes pour les prévisions concernant les cyclones
tropicaux car ils peuvent amener de large quantité de vents verticaux
nuisibles sur les perturbations tropicales et les cyclones tropicaux.
Selon une hypothèse les TUTTs peuvent participer à la formation et
à l'intensification des cyclones tropicaux en amenant plus de force
d'ascension près du centre de la tempête et/ou en allouant un efficace
canal d'écoulement dans la haute troposphère. Pour plus d'information
sur les TUTTs, référez-vous à l'article de Fitzpatrick et al. (1995).
Subject: A10) Comment se forment les cyclones tropicaux ?
Pour qu'il y ait genèse
de cyclone, voilà plusieurs conditions favorables qui doivent être
en place (Gray 1968,1979):
- Mer chaude (au moins
26.5°C [80°F]) jusqu'à une profondeur suffisante (profondeur exacte
inconnue, mais au moins de l'ordre de 50 m [150 ft]). Des eaux chaudes
sont nécessaires à l'alimentation du générateur de chaleur du cyclone
tropical.
- Une atmosphère qui
se refroidit assez vite avec de l'altitude de manière à être potentiellement
instable pour une convection. C'est l'activité de la tempête qui
permet la libération de la chaleur gardée dans l'océan pour le développement
du cyclone tropical.
- Des couches relativement
humides près de la mi-troposphère (5 km [3 mi]). Des couches sèches
ne sont pas favorables au développement et à l'élargissement de
l'activité cyclonique.
- Une distance minimum
d'environ moins de 500 km [300 mi] de l'Equateur. Pour qu'il y ait
genèse de cyclone tropical est nécessaire une quantité non négligeable
de la force de Coriolis afin d'avoir un équilibre des vents. Sans
la force de Coriolis, la basse pression des perturbations ne peut-être
maintenue.
- Une perturbation proche
de la surface et pré-existante avec des tourbillonements et convergences
suffisantes. Les cyclones tropicaux ne peuvent pas se générer spontanément.
Pour se développer, ils ont besoin d'un système à peine formé avec
une rotation assez importante et un niveau bas d'afflux.
- Des valeurs basses
(moins de 10 m/s [20 kts 23 mph]) pour le cisaillement des vents
verticaux entre la surface et la troposhère supérieure. Le cisaillement
de vent vertical est la magnitude des changements de vents avec
l'altitude. De grandes valeurs pour le cisaillement de vent vertical
perturbent le naissant cyclone tropical et peut éviter la création,
ou, si un cyclone tropical c'est déjà formé, de larges cisaillement
de vents verticaux peuvent affaiblir ou détruire le cyclone tropical
en faisant interférence avec la formation de convections profondes
autour du centre du cyclone.
Ces conditions sont nécessaires
mais pas suffisantes vue que beaucoup de perturbations présentant
des conditions favorables ne se développent. Des travaux récents (Velasco
and Fritsch 1987, Chen and Frank 1993, Emanuel 1993) ont identifiés
que les systèmes de larges tempêtes (appelé mesoscale convective complexes
[MCC]) souvent produisent tourbillons au noyeau chaud et inertiellement
stable dans le pont de fuite altostratus de la MCC. Ces méso-tourbillons
ont des échelles horizontales d'approximativement 100 à 200 km [75
to 150 mi], sont plus puissant dans la mi-troposphère (5 km [3 mi])
et ne présentent pas de caractéristiques particulières à la surface.
Zehr (1992) pense que la genèse des cyclones tropicaux se déroule
en deux phases:
• phase 1 , lorsque le MCC crée un tourbillon
mesoscale.
•
phase 2 , lorsqu'il y a intensification du processus de diminution
de la pression centrale et augmentation de vents tourbillonants.
Question: A11) Qu'est ce que "l'oeil "? Comment se forme
t-il et se maintient-il?
(Ecrit avec l'aide spéciale de Sim Aberson)

NOAA
L'oeil est une aire presque
circulaire avec des vents légers et beau temps comme on peut trouver
au centre de violents cyclones tropicaux. Même si les vents sont calmes
au niveau de l'axe de rotation, des vents violents peuvent très bien
se développer à l'intérieur de l'oeil. Il y a très peu ou pas du tout
de précipitations et parfois le ciel bleu ou étoilé peut-être vu.
L'oeil est la région avec la plus petite pression de surface et les
températures les plus chaudes en l'air - la température de l'oeil
peut-être 10 C [18 F] plus chaud à une altitude de 12 km [8 mi] que
l'environnement tout autour, mais seulement 0-2 C [0-3 F] plus chaud
à la surface(Hawkins and Rubsam 1968) dans les cyclones tropicaux.
La taille de l'oeil varie entre 8 km [5 mi] et plus de 200 km [120
mi], mais la majorité présente un diamètre d'environ 30-60 km [20-40
mi] (Weatherford and Gray 1988). L'oeil est entouré par une
muraille, la presque circulaire aire de profondes convections qui
est la région avec les plus forts vents de surface à l'intérieur d'un
cyclone tropical. L'oeil est composé d'air qui lentement chute et
la muraille présente des flux ascendants résultants de plusieurs vents
modérés, mais parfois forts, ascendants et descendants. Les températures
chaudes de l'oeil sont causées par le réchauffement de l'air.
La majorité des mesures prises à l'intérieur de l'oeil montre une
couche de petite envergure qui est relativement humide, avec une inversion
au-dessus suggérant que la chute à l'intérieur n'atteint généralement
pas la surface de l'océan mais arrive seulement à environ 1-3 km [
1-2 mi] de la surface.
Les mécanismes par lesquels
l'oeil et sa muraille se forment ne sont pas entièrement compris même
si à ce jour des études tentent d'élucider le problème. L'oeil calme
des cyclones tropicaux partagent beaucoup de caractéristiques qualitatives
avec d'autres systèmes tourbillonaires tels que les tornades, trombes,
tourbillons de poussières et tourbillons. Etant donné le manque d'activité
liquide (i.e. pas de nuages et pas de réchauffement diabatique),
l'oeil est certainement un élément fondamental de tout système rotatif.
Voilà l'hypothèse la plus courante : (e.g. Gray and Shea 1973,
Gray 1991)les flux supergradient de vent (c'est à dire des vents
tourbillonants qui sont plus forts que ce que le gradient local peut
supporter habituellement) se situant proche du radius de vents au
maximum (radius of maximum winds (RMW) ont pour conséquence l'air
qui est centrifugé hors de l'oeil dans la muraille, ainsi intervenant
dans l'affaissement de l'oeil. Cependant, Willoughby (1990b, 1991)
trouva que des vents tourbillonants dans diverses tempêtes et
cyclones tropicaux se trouvaient entre 1-4% de gradient. Il se peut
donc que le nombre de flux supergradient nécessaire pour causer un
tel centrifuge d'air dépend seulement de quelques pour cents et sont
de ce fait difficile à mesurer.
Un autre aspect des cyclones
tropicaux qui joue probablement un rôle dans la formation et le maintien
de l'oeil est la convection de la muraille auriculaire. La convection
dans les cyclones tropicaux est organisée en bandes de pluies longues
et fines qui sont orientées dans la même direction que le vent horizontal.
Le fait que ces bandes semblent se mettre en spirale au centre du
cyclone tropical, elles sont parfois appelées bandes en spirales.
Avec ces bandes, la convergence de bas niveau est en fait un maximum.
Une circulation directe se développe quand de l'air humide et chaud
converge à la surface, remonte à travers les bandes, diverge en l'air
et puis retombe des deux côtés des bandes. Les déformations se retrouvent
sur une très grande surface à l'extérieur de la bande de pluie. Ces
mêmes déformations se retrouvent cependant concentrées à l'intérieur.
Au moment où l'air s'affaisse, un réchauffement adiabatiques a lieu
et l'air s'assèche. Parce que l'affaissement est plus concentré à
l'intérieur de la bande, le réchauffement est plus important à l'intérieur
de la bande, ce qui cause une différence de pression à travers la
bande car l'air chaud est plus léger que l'air froid. A cause de la
basse pression à l'intérieur, les vents tangentiels qui se trouvent
autour du cyclone tropical augmentent avec l'accroissement de la pression.
Finalement, la bande se déplace vers le centre pour enfin prendre
la forme de l'oeil et de sa muraille.(Willoughby 1979, 1990a, 1995).
Ainsi, l'oeil dénudé
de tous nuages doit probablement sa formation à une combinaison comprenant
:
- la force centrifuge
dynamique de masse de l'extérieur de l'oeil vers l'intérieur de la
muraille
- une déclinaison forcé
causée par la convection humide à l'intérieur de la muraille.
Ce sujet est certainement
celui qui demanderait le plus de recherche afin de déterminer lequel
des deux mécanismes est prédominant.
Certains des cyclones
tropicaux les plus intenses présentent des murailles concentriques,
deux structures de murailles ou plus positionées dans le centre de
circulation de la tempête.(Willoughby et al. 1982,Willoughby 1990a).
A la suite de la formation de la muraille intérieur, la convection
entourant la muraille peut ensuite se présenter sous la forme d'anneaux
distincts. Finalement, l'oeil intérieur commence à ressentir les effets
de l'affaissement venant de l'extérieur de la muraille. La muraille
intérieure s'affaiblit pour être remplacé ensuite par la muraille
extérieure. La pression augmente à cause de la destruction de la muraille
intérieure et le cyclone lui-même s'affaiblit pour une petite période.